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08/06/2012

R&D : l’appel à projets innovants est infructueux

Les dossiers déposés dans le cadre de "l'appel à projets innovants" lancé par Aliapur et l'Ademe n'ont pas rempli les conditions d'éligibilité. Pour Aliapur, il n'est toutefois pas envisageable de revoir à la baisse son degré d'exigence en matière de valorisation.

Le 15 décembre, Aliapur et l’Ademe lançaient un "appel à projets innovants" pour détecter les "produits et marchés de demain autour du pneu usagé". Les candidats –industriels, entrepreneurs, équipes de recherche, concepteurs, créateurs…– avaient jusqu’au 15 mars pour remettre leurs dossiers, dont l’analyse était prévue d’avril à juin. Cette analyse vient de s’achever avant la date butoir : en dépit du retrait de 33 dossiers, l’appel à projets est déclaré infructueux.

En 2004, la filière était naissante et Aliapur lançait un premier appel à projets pour lequel 60 dossiers avaient été examinés. Il est vrai qu’à l’époque, tout restait à faire, notamment en termes de recherche et de développement. Sept exercices plus tard, la donne a bien changé et les voies de valorisation du pneu usagé se sont considérablement multipliées, sécurisées et pérennisées. En témoignent, non seulement les nombreuses équipes de recherche des laboratoires, universités et groupes industriels avec lesquels travaille Aliapur au quotidien, mais aussi l’Analyse du cycle de vie du pneu usagé menée en 2008-2009.

Augmentation du degré d'exigence

Autant d’avancées qui expliquent l’augmentation du degré d’exigence dans l’appel à projets 2011. En effet, chaque projet devait s’inscrire dans une triple démarche : une innovation technologique, la substitution d’un produit existant à base ou issu de pneus usagés, un bilan environnemental positif. Malheureusement, aucun dossier n’a rempli l’ensemble de ces conditions.

Pour Aliapur, ce repli s’explique par plusieurs facteurs : une pénurie de croissance économique qui, en 2011 et au premier trimestre 2012, n’engage toujours pas les entreprises à investir en R&D mais plutôt à préserver les emplois ; une sortie du statut de déchet qui tarde à venir pour le pneu usagé, freinant d’autant l’enthousiasme des entreprises ; une absence de subvention qui a sans doute limité l’intérêt des laboratoires publics, en quête permanente de financements.

Pourtant, il n’est stratégiquement pas envisageable qu’Aliapur revoie ses exigences à la baisse. En 2011, la demande de pneus usagés par les valorisateurs a pulvérisé les volumes disponibles : 300 000 tonnes ont été collectées, il en aurait fallu 100 000 de plus pour satisfaire toutes les requêtes –soit l’équivalent, en pneus de voiture, de 13 millions d’enveloppes en plus des 40 millions déjà traitées. Il va donc de soi qu’Aliapur continuera à promouvoir des voies de valorisation économiquement réalistes, technologiquement innovantes et, surtout, économes en ressources naturelles.